..:: Photek - Interview by RootsPeople.com ::..

RPM : Rupert Parkes AKA Photek… ça nous fait plaisir que vous soyez là !
Photek : Oui ça faisait longtemps, je suis content d’être de retour.
RPM : Pour commencer, d’où vous est venu ce nom de Photek ?
PHOTEK : Ok, Photek ça vient juste du logo, qui par la suite a influencé le nom du label, d’abord ce fut le nom du logo…puis celui du label, et enfin le nom : PHOTEK
RPM : Pourquoi vous avez choisit le P ?
PHOTEK : Je ne sais pas vraiment Le nom ne veux rien dire , c’est une création de Mark, le designer du logo, et quand j’ai signé avec Virgin en 1995, je n’avais pas vraiment de nom d’artiste, et c’est comme cela que l’on a utilisé le nom du label comme nom d’artiste.
RPM : Aviez vous sortit du son avant d’utiliser ce nom ?
PHOTEK : Oui, il y a eu des centaines de disques sous différent noms…
RPM : Vous pouvez nous en citer pour les connaisseurs?
PHOTEK : La première sortie sur « Photek records » était écrite et produite par « Studio Pressure », c’était mon tout premier…
RPM : Vous avez travaillé avec (le label NDA) Certificate 18 » sous ce nom…
PHOTEK : Oui, c’est avec eux que j’ai sorti mon premier disque solo.
RPM : Et à partir de là, avez toujours travaillé seul où en collaboration ?
PHOTEK : J’ai travaillé avec Source Direct », Digital…
RPM : Sous le pseudo d’ Odyssea » (sur le label du même nom NDA)?
PHOTEK : Odyssea c’était le pseudo de Source Direct » et j’ai fait un morceau sur ce label, sous le nom Phaze One. Je crois que j’ai sorti deux disques sous ce nom. A l’époque il y avait plein d’avatars divers.
RPM : Donc (ce nom ) Phaze One (ancienne radio mythique aux prémices des années UK rave NDA) était une façon de rendre hommage à la vieille scène hardcore et à la vibe des radios pirates…Et oui ca fait déjà dix ans depuis que cet hardcore jungle drum and bass musique a commencé ?
PHOTEK : Oui !
RPM : Mais encore avant ça, qu’est qui vous a décide à faire da la musique ?
PHOTEK : L’envie m’est venue avec l’apparition des premiers trucs electro, comme Planet Rock, j’écoutais des sons de batteries sans savoir comment c’était fait, me demandant quels instruments ils utilisaient… pensant : « si je pouvait dessiner mes idées sur un papier, je les dessinerait »…alors quand le programme Cubase, a apparu j’ai pu créé ma musique comme ça, en assemblant des blocks.
RPM : Comment en es tu venu au son breakbeat ?
PHOTEK : Je pense que c’est en grandissant au rythme du hip hop…
RPM : Comme des enfants du Breakbeat…des b-boys !
PHOTEK : Oui, vivant en Angleterre écoutant du rap mais sans rappeurs dessus … sortant dans les « warehouse parties », écoutant de la techno et de la rave music, mais aussi le reste de la musique anglaise comme le reggae, tout cela mélangé pour arriver à la drum bass. Quand j’ai commencé on appelait ça hardcore, puis jungle et à partir de 1995 Drum and Bass.
RPM : Il y avait une sorte d’énergie innocente dans la période hardcore (entre 89 et 94 environ NDA)…
PHOTEK : Oui.
RPM : Peut être que les choses sont plus simples aujourd’hui ? Qu’en pensez vous ?
PHOTEK : Je pense que les choses sont cycliques, que les artistes qui produisent à travers le monde proposent plein de bons disques, ce qui est devenu la norme. Aujourd’hui il y a beaucoup de musique qui vient des Etats Unis et atteint vite un gros niveau de qualité. Ils sont venus avec de nouvelles idées, sans cette vision anglaise de ce que doit être la drum and bass. En fait c’est un peu partout pareil, les gens apportent de nouvelles idées..
RPM : C’est devenu mondial. Quels artistes américains aimez vous par exemple
PHOTEK : Je pense ,à Hive, Konflikt, XXXL, Leathal Agent qui est sur mon label, TeeBee qui -je l’oublie sans cesse est Norvégien tant sa drum and bass pourrait être anglaise (et)est incroyable !
RPM : Et c’est un vrai « junglist hero » qui est aussi un champion de kung fu ?
PHOTEK : Ce qui va bien avec Photek…
RPM : Qu’en est il de cette influence zen dans votre musique ?
PHOTEK : J’ai toujours fait beaucoup d’arts martiaux…
RPM : Vous pratiquez le karaté ?
PHOTEK : A présent je ne suis plus assez en forme, à l’époque je faisait du judo du karaté du ninjutsu, j’ai arrêté le ninjutsu il y a deux ans. Trop de temps en studio et pas assez d’entraînement, pas assez de temps. Un peu comme TeeBee qui a dut choisir entre musique et arts martiaux, et la musique a gagné.
RPM : Vous avez un son très personnel, pouvez vous nous en parler ? Faites vous vos batteries vous même? Et cette influence japonaise (très marquante sur des titres comme « Ni Ten Ichi Riu ») ?
PHOTEK : Oui. Mon caractère doit influer sur ma musique.
RPM : Est ce que vous aimez les vieux films japonais de karaté ?
PHOTEK : Oui j’ai fait un morceau qui s’appelait « Seven Samouraïs »… du nom d’un des films japonais les plus célèbres du réalisateur Kurosawa. C’est une référence parmi d’autres comme « Hidden Camera »…juste un bon thème pour un titre (et qui me correspond plus ou moins)…
RPM : Est ce que vous pouvez nous parler de la façon dont vous créer votre musique ? Vous avez un son très particulier, surtout les batteries…un minimalisme centré sur la basse et la batterie ?
PHOTEK : Oui je pense qu’il y a un processus conscient par lequel je passe qui fait que ma musique sonne comme cela., je pense que c’est un mélange de tous les morceaux que j ‘ai toujours aimé ce sont des caractéristiques que je combine en un remix évolutif, c’est ce que j’appelle drum and bass…
RPM : Dans votre album précédent « Solaris », vous expérimenté beaucoup, même avant sur « Modus Operandi » vous touché à tout : jazz, electro, techno, chicago house, …et maintenant quoi de neuf ?
PHOTEK : Je fait tout le temps des choses différentes, je pense que l’album Solaris a dérouté un bon nombre de personnes c’était les premiers vrais morceaux de house sous le nom de Photek –à part « T Raenon » sortit sur OP-ART (label de Kirk De Giorgio) remix d’un track drum and bass en house- et ça été la première fois que l’on voyait de la house sous le nom de Photek, ça en a fâché certains, ils n’ont pas vu la connexion entre ça et la drum and bass parce que…
RPM : Peut-être n’est-ce pas la même génération, parce que le public jungle est de plus en plus jeune…
PHOTEK : Ils ont commencer à sortir quand la house a été supplantée par la drum and bass. Pourtant la drum and bass c’est quand le hip hop se heurta à la house !Comme quand Afrika Bambaata a fait référence à Kraftwerk pour l’electro.Krarftwerk ? Ouaah ! Quand j’étais enfant je me disais mais qu’est ce que c’est cette musique ? D’accord il y a un synthétiseur mais je ne vois pas la connexion avec la musique electro ?C’est peut être la même chose aujourd’hui…
RPM : Ce n’est qu’une question de cycles !Vous avez travaillé dans ce sens ces derniers temps, mais allez vous sortir des morceaux ?
PHOTEK :Oui, il y en a un qui va bientôt sortir sur Subliminal
RPM : De la house ?
PHOTEK : Oui ,de la tech-house , une sorte de morceau dubby house…
RPM : Et vous avez un nouvel album en préparation ?
PHOTEK :J’ai trois album écris …
RPM :Etes vous toujours chez Virgin ?
PHOTEK : Non, j’ai quitté Virgin l’année dernière
RPM : D’accord, donc vous êtes maintenant totalement dévoué à Photek Production ?
PHOTEK : Oui, j’étais avec eux (Virgin NDA) depuis longtemps, on a eu un très bon départ… puis le changement de direction…, et vous savez toutes bonnes choses ont une fin…
RPM : Donc d’aller vivre à LA vous a été bénéfique ?
PHOTEK : Oui, j’en suis sur, ça été un bon coup de pied au cul ! Faire de la musique de film m’a obligé a me surpasser dans le temps, j’étais obligé de travailler en fonction d’un calendrier précis, un calendrier de fou.. j’ai composé la musique pour un show s’appelant : « Platinum » , une série télé de Sofia Coppola…à propos d’ un label hip-hop. Ils ont tournés 6 épisodes puis un d’une heure, et j’ai du composée cinq heures de musique pour ces six épisodes en deux semaines, et ça je n’aurait jamais cru pouvoir le réaliser avant ! LA m’a appris à travailler toujours sous pression !
RPM : La rencontre avec votre femme (qui est réalisatrice) va dans le sens de votre musique, car on peu sentir une forte ambiance cinématographique dans votre musique. Est ce que cela vous influence de plus en plus dans cette voie?
PHOTEK : C’est certain que d’écrire de la musique de film m’es devenu routinier, maintenant un tiers de mon temps y est consacré.
RPM : Vous avez des projets concernant la musique de film
PHOTEK : Oui, d’en faire encore plus ! Quand je regarde les compositeurs, avec leur quarantaine grisonnante je me dis que ce n’est pas toujours la belle vie… mais je m’accroche pour que ça marche !
RPM :La musique est une part trop souvent négligée des films de nos jours surtout si l’on considère les budgets colossaux en jeu…
PHOTEK : Je pense que la chose la plus importante dans l’industrie du cinéma, c’est que la cible des studios n’est plus celle des 22 - 35 ans mais des 16-21 ans, et c’est pour cela que les bandes originales sont très hétéroclites, de toute façon c’est du business, c’est le business du cinéma !
RPM : Conclusion : sur votre label, avez vous des projets à nous dévoiler ?
PHOTEK : Oh oui, il y a pleines de choses excitantes qui se passent, il va y avoir de nouveaux artistes au sein du label, il y a eu d’abord TeeBee l’année dernière, DJ Crystl qui est désormais au sein du label (tout ceux qui suivent la drum and bass depuis longtemps le connaissent, demandez a vos amis !), un nouveau gars de LA vient de nous rejoindre, il s’appelle Leathal Agent, un autre gars nommé XXXL, qui tient une boutique de disque à LA, peut être aussi de nouvelles choses de Monkey et Large, et bien sur l’autre label hip hop « 51st state » qui est un label entre drum and bass et hip hop associé au label Loud records (avec des gros gars tels que Wu Tang, Mobb Deep etc)…donc plein de bonnes choses ! Et vraiment je ressent la drum and bass comme au tout début, et ça c’est excitant , « I’m back in the music more than ever ! ».
Txt : Irie
Photo : Helene Giansily
publié par Blogmaster Drum and Bass News dans: Actualité
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